Le concept d’Arthur H

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« Mort prématurée d’un chanteur populaire dans la fleur de l’âge » est le nouvel album d’Arthur H qui donne une seconde vie aux chansons de la pièce de théâtre éponyme qu’il avait réalisé et joué en collaboration avec Wajdi Maouwad en 2019.

Album concept de 08 titres où l’autotune est utilisé juste ce qu’il faut afin de colorer élégamment la tonalité du disque en musique urbaine.

On peut vous dire qu’on a adoré « Recueillement », poème de Charles Baudelaire modernisé sans en en perdre la quintessence. La tentative était risquée pour ne pas dire casse gueule mais c’est une réussite complète. « O ma douleur sois sâge et tient toi tranquille ». Riff guitare, autotune, effets de saturation sur des paroles de l’auteur des fleurs du mal !

« Hologramme » est un titre massif, la présence de « la basse et du clap » impose un rythme lancinant et entêtant. Les effets d’autotune sur la voix et de « glitch »sur la musique sont parfaitement appropriés à cet hologramme fascinant.

« Nancy » et « La plus triste des chansons de ce triste monde »sont deux titres plus classiques où le piano et la voix naturelle d’Arthur H nous confirme le va et vient entre modernité, urbanité et classicisme de cet album.

« L’avalanche » ouvre l’album et nous fait glisser sur une mélopée de notes de piano et de synthétiseurs omniprésentes annonçant le déclenchement de l’avalanche inexorable et attendue à travers la montée de la voix d’Arthur H.

« Murmures » est le titre le plus punchy et le plus court. A écouter un peu fort au casque pour bien prendre le mur en pleine face.

Les paroles de « C’est punk putain !  » sont extraites du livre « Mort d’un chanteur populaire en pleine force de l’âge » de Wajdi Maouwad. Morceau parlé par Arthur H et Wajdi (la voix nous fait penser à François Berléand). « C’est punk putain !  »raconte l’histoire d’une star sur le déclin dont le manager imagine sa sortie de scène par sa mort imaginaire puis la sortie de son album posthume et son retour sur le devant de la scène pour faire exploser le cynisme du sytème « show-business ».

Nous ne ferons pas de commentaires sur le dernier titre « L’errance », tiré de la pièce de théâtre que nous n’avons pas vu. Mais nous n’y avons pas compris grand chose.

Nous avons aimé les traitements sonores de Léonore Mercier sur « Hologramme », les arrangements de Nicolas Repac sur « Nancy » et le mastering de Benjamin Joubert sur « Hologramme » et « Recueillement ».

En conclusion, Arthur H nous propose un joli objet bizarre et hétérogène. Les quatre premiers titres sont les plus réussis avec une mention particulière pour « Recueillement » et « Hologramme ».