Avec A Blemish In A Great Light, Half Moon Run s’affiche au grand jour

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Il y a encore quelques semaines, Half Moon Run m’était totalement inconnu. C’est en consultant l’agenda de la salle de concert du Grand Mix de Tourcoing, que je m’y suis intéressé, le groupe y étant annoncé pour un concert le 10 mars 2020.

Afin de savoir à qui j’avais à faire, je me suis donc mis sur ma platine A Blemish in a Great Light, nouveau disque du groupe paru ce jour et je suis allé consulter leur histoire.

Devon Portielje, Conner Molander rejoints par Dylan Phillips puis Isaac Symonds forment les Half Moon Run à Montréal en 2009.

Fin 2010, le label indépendant Indica leur offre leur premier contrat. Ils jouent alors dans différents festivals et se font remarquer en 2013 lors du Glastonbury Festival. Leur reconnaissance se confirme en enchaînant les premières parties des concerts de Mumford & Sons ou de Patrick Watson.

Leur premier album Dark Side parait en 2012 suivi d’une tournée mondiale en Amérique du Nord, Australie et en Europe.

En 2013, la chanson Full Circle est reprise par Ubisoft pour la bande annonce du nouveau jeu Assassin’s Creed IV : Black Flag. L’album Dark Side connaît alors un succès international.

En 2015, Half Moon Run sort son second album Sun Leads Me qui confirme leur potentiel. Une tournée internationale confirme le succès du groupe.

Voilà pour le petit récapitulatif historique. Alors que dire de ce troisième album A Blemish in a Great Light (Une tâche dans une grande lumière) ?

Half Moon Run a semble t-il œuvré longtemps sur son troisième opus. Quatre ans après Sun Leads Me On, le groupe indie rock montréalais a décidé de faire «des choses qui lui faisaient peur» pour donner naissance à un album ambitieux aux sonorités multiples.

Half Moon Run se cachait «derrière un rideau» lors de l’élaboration de ses deux premiers albums studio, Dark Eyes et Sun Leads Me On, selon Dylan Phillips, membre du groupe. Avec A Blemish in the Great Light, le quatuor monte sur scène, explique-t-il.

«Avec Dark Eyes, on ne pensait pas avoir de carrière. Au deuxième album, c’était excitant d’avoir une carrière, mais, en même temps, on était souvent sur la route. Au moment d’écrire, on n’était pas vraiment disponibles», se rappelle Dylan Phillips.

Avec son troisième opus, Half Moon Run donne naissance à un amalgame de styles musicaux encore jamais essayés, aux antipodes apparement de ce qu’il avait produit auparavant.

«On a essayé de faire quelque chose de différent», avance Dylan Phillips.

«On a pris du temps individuellement. Moi j’ai pris du temps pour travailler sur mes capacités d’écrire musicalement. Les autres aussi», ajoute-t-il.

L’album est réalisé par Joe Chiccarelli, producteur pour The Strokes, The White Stripes ou Frank Zappa, excusez du peu ! La qualité de réalisation se remarque dès la première écoute. C’est précis, cohérent, l’ambiance Indi-rock-pop est claire mais d’autres sonorités se laissent entendre.

Joe Chiccarelli – Producteur

La pedal steel de Conner Molander occupe une place prépondérante sur l’album, ce qui a tendance à lui donner des couleurs country assez inattendues.

«C’est déjà un instrument qui donne un peu une vibe country. On ne peut pas l’éviter, mais je trouve que ça fonctionne très bien avec notre musique», lance Dylan Phillips. Flesh and Blood, la troisième chanson de l’opus, regorge d’éclats vibrants de pedal steel.

Half Moon Run a tout essayé pour créer de nouveaux morceaux durant les deux années consacrées à la conception de l’album. À un moment lors de l’élaboration, les quatre musiciens ont tenté de trouver «le son de Fleetwood Mac», légendaire groupe de rock. «C’était une exploration», observe Phillips.

Les inspirations folk (Bob Dylan, Léonard Cohen) font aussi partie du répertoire sur lequel le groupe s’est appuyé, précise Dylan Phillips. Les créations du groupe de musique électronique Boards of Canada ont aussi été utiles.

Mais Half Moon Run n’a pas uniquement puisé dans du nouveau pour construire A Blemish in the Great Light. La chanson d’ouverture, Then Again, était une «vieille idée», d’après Phillips.

«Certaines des nouvelles chansons viennent de vieilles idées qui n’ont pas fonctionné dans le passé. On a une grosse liste dans notre salle de répétition. Quand on est bloqué, on les essaie», dit-il.

La chanson Razorblade, un mastodonte de presque huit minutes, évoque le Half Moon Run de Sun Leads Me On… jusqu’à la moitié de la chanson puis dérive vers un son métal. Ce passage fait partie des préférés de Dylan Phillips.

«C’était très difficile, mais très excitant à composer. C’était une des chansons où il y avait plein de petites idées. On ne savait pas comment les mettre ensemble», se remémore-t-il.

Je vous recommande donc de poser vos oreilles sur le dernier disque des Half Moon Run pour passer un joli moment musical entre Pop, Indie, Rock et Folk. L’album est dense, il existe de nombreuses sonorités très diverses, les influences et les références multiples.

Si l’envie vous en dit vous pourrez également les voir en concert au Trianon à Paris le 26 novembre 2019 et bien sûr le 10 mars 2020 au grand Mix de Tourcoing.

Cry, le nouveau film romantique de Cigarettes After Sex

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Cry, le nouvel album de Cigarettes After Sex vient de sortir et depuis il tourne en boucle sur ma platine.

J’étais impatient et pour tout vous dire un peu inquiet de voir ce que le groupe pouvait faire après le carton (550 000 exemplaires) de leur premier album éponyme paru il y a 2 ans. Pas évident de confirmer après un tel succès. De nombreux groupes sont tentés de changer de style, de coller à la tendance du moment ou de plier à la pression d‘une musique de disque toute puissante.

Cigarettes After Sex, lui ne change rien. Pourquoi changer une recette qui a fait ses preuves ?

Cry marche donc dans les traces de son prédécesseur. Dès le premier titre, on retrouve cette ambiance éthérée qui a fait le succès des texans. Greg Steven Gonzales, chanteur, leader et producteur du groupe a toujours cette voix androgyne si suave et veloutée, quasi érotique. Pourtant, Gonzales parle d’une voix assez grave très différente lorsqu’il chante. Sa principale influence serait Françoise Hardy, découverte en 2009 à travers ses chansons sixties.

« Cela m’a totalement bouleversé, je n’avais jamais entendu une voix pareille. La façon qu’elle avait de chanter était juste époustouflante. J’ai eu envie de faire une musique qui soit aussi belle que la sienne ». (Ouest France – 26 oct. 2019).

C’est cinématographique, chaque titre pourrait être une bande originale de David Lynch ou d’Eric Rohmer. La rythmique est en apesanteur, les mélodies d’une très grande sensualité.

L’Album a été enregistré dans une sorte de manoir sur l’Ile de Majorque. Toutes les sessions se sont déroulées de nuit, sous les étoiles. C’était une volonté de Greg Gonzales afin de retrouver cette ambiance si particulière de la nuit. Cette nuit qui lui va si bien, noire et inquiétante mais également si sensuelle et douce.

“Dernièrement, j’ai vu cet album comme un film. C’était un cliché de ce sensationnel et exotique endroit, qui abrite différentes scènes et différents personnages, mais finalement il s’agit vraiment de romance, de beauté et de sexualité”.

Avec Cry, Cigarettes After Sex nous propose la suite de leur premier album, toujours aussi beau, romantique, sexuel et envoûtant. J’adore !

Jay Jay Johanson, un Dandy au Grand Mix de Tourcoing

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Venu présenter son 12ème album « Kings Cross » paru le 19 avril dernier, Jay Jay Johanson fait salle comble ce samedi soir (900 personnes), de nombreux fans français et belges se sont donné rendez-vous pour l’occasion.

A 21h30, Jay Jay Johanson monte simplement sur scène avec Erik Jansson au clavier/piano et Magnus Frykberg à la batterie, deux fidèles compagnons de route et de studio.

Jay Johanson salue la salle d’un simple sobre, fort et intense « Good Evening ! »

Je suis sous le charme de ce personnage blond et filiforme, au teint blafard, habillé d’un simple jean, baskets, chemise au manches relevées jusqu’aux coudes. Durant tout le concert, des images de l’Asie sont projetées sur un écran en fond de scène. La salle pleine chavire également.

Les morceaux du dernier album tels que « Not Time Yet »(vidéo), « Heard Somebody Whistle »(vidéo), « Smoke » (vidéo) sont joués mais une large part est faite aux anciens titres tels que « She’s Mine but I’m not Hers » (vidéo) de l’album Tattoo sorti en 1998, ou « Believe In Us » (vidéo) de l’album Poison paru en 1999 pour le plus grand bonheur des fans de l’Europe du Nord largement représentés ce soir.

J’apprécie la qualité d’interprétation de ce crooner suedois, un style entre jazz et trip-pop. Je suis surtout interpellé par la grande sincérité, la simplicité, et l’humilité de cet artiste. En fin de show, Jay Jay Johanson serre de nombreuses poignées de mains de fans acquis à sa cause. Preuve que le plaisir est partagé, Jay Jay Johanson prolonge le moment en reprenant le micro et chante en choeur avec le public sur une bande son lancée par la régie.

Enfin, je vous recommande son dernier album paru en avril dernier, qui est une pure merveille.

Kings Cross

jay jay johanson

2019

Retrouvez toutes les vidéos du concert sur YouTube

https://www.youtube.com/channel/UCIzmLZwHXRMk9314Tiwvtjg/featured?view_as=subscriber