Structuralism d’Alfa Mist est épatant !

Par défaut

Ce jeune britannique n’en est qu’à son second album mais ça sonne déjà comme un artiste à la carrière longue qui sortirait son 20ème album.
Alfa Mist (Alfa Sekitelo de son vrai nom) explique qu’il a été affecté par son environnement. Son éducation l’a façonné d’une manière qui fait qu’il ne sait pas comment communiquer. Le structuralisme signifie « je suis comme je suis à cause de la structure de la société dans laquelle j’ai grandi, maintenant j’ai besoin d’apprendre à communiquer ». L’objectif semble atteint avec « Structuralism ».

44, premier titre de l’album débute avec les commentaires en anglais d’une femme, puis se poursuit avec trompette, beat jazzy, synthés rétro. Tout y est déjà dès le premier titre. On est dans le groove, jazz, hip-hop fusion. La couleur est annoncée. Les nappes de synthés accompagnent le tic de rythme beat jazz pour accueillir au milieu du morceau la guitare électrique soliste, qui s’en donne à cœur joie. Bref 44 nous livre dès l’entrée un plat de résistance bien garni, un régal. Le morceau est long (10 minutes) et dense. Mais pas d’indigestion car la suite passe tout seul.

Falling, second morceau de l’album est feutré, nappé, élégant. Un pur régal pour les oreilles délicates. Kaya Thomas-Dyke au chant apporte toute sa douceur et sa sensualité. Le morceau se termine au piano et violoncelle pour la touche finale de cette chute en douceur.

Mulago, troisième titre débute au piano sous les commentaires en anglais d’une femme anglaise. Est-ce une redite du premier morceau ? Pas du tout ! Un morceau lent, hypnotique, voluptueux. La trompette vient compléter le trip de la ritournelle du piano qui tourne en boucle. L’auditeur est déjà sous le charme dès ce troisième morceau, impressionné par l’efficacité de la démonstration.

Glad I Lived, débute sur les commentaires d’un homme anglais. Belle présence de la batterie qui vient rythmer l’ensemble du morceau autour du saxo et du violon, et le synthé en arrière plan discret. Un morceau loin d’être simpliste, il devient en réalité de plus en plus complet tout au long des 6 minutes d’écoute. Le morceau se termine en sonorités très originales. A ré-écouter plusieurs fois pour comprendre l’ensemble de sa force.

Jjajja’s Screen, cinquième titre de l’album est un pur morceau jazz club. Trompette, guitare et synthé. C’est langoureux, de la fumée de cigarettes s’échappe de la salle, on s’attend à voir débouler un trompettiste noir dans son salon tellement l’ambiance est forte et immersive. Un aller simple pour un club de jazz new-yorkais sans bouger de son salon. Enjoy !

Nayiti, sixième titre de l’album donne la place aux cuivres. Plus de 09 minutes d’immersion pour déguster un solo de trompette accompagné de nappage de synthés. Un morceau à réserver aux inconditionnels du genre pourrait-on croire mais non, là aussi une belle surprise attend celui qui prendra le temps d’écouter le morceau dans son intégralité. La trompette laisse sa place à la guitare soliste qui se donne corps et âme ! Ce morceau est d’une très grande intensité, les 9 minutes et trente secondes ne sont pas superflues. C’est juste ébouriffant !

Retainer, septième morceau démarre lentement, quasi en procession avec batterie et cuivre. Et puis la guitare soliste vient colorer le morceau. C’est du classique, pas de surprise, c’est du connu. Mais là aussi, étonnement une deuxième partie semble se découvrir après le classique, l’attendu. Le piano ouvre la voie à la guitare électrique qui joue une partition et un son encore jamais joué sur l’album. Bref, encore une fois il faut être patient pour profiter pleinement du potentiel du morceau.

Door, huitième et dernier morceau de l’album avec Jordan Rakei est un morceau chanté, le moins jazzy de l’album, presque trip-pop, ovni par rapport aux sept autres morceaux, histoire de nous surprendre jusqu’au dernier sillon. Épatant ! 

Avec Gallipoli, Beirut nous offre un mélange cathartique du passé et du présent artistique

Par défaut

Beirut se caractérise par une capacité à proposer des styles musicaux très variés, folk, pop, rock mais également des sonorités d’origines tziganes ou slaves.

Multi-instrumentiste, Zach Condon, leader de Beirut a débuté dès sa plus jeune enfance la musique en apprenant seul l’accordéon, le piano ou la trompette son instrument de prédilection.

Dès 16 ans, il quitte les Etats-Unis et découvre les musiques du monde et celles de l’Europe de l’Est, et sera fortement influencé par les compositions du collectif macédonien Koceani Orkestar ou le musicien yougoslave Goran Bergovic.

C’est en 2006 que Zach Condon se fait remarquer avec un premier album (Gulag Orkestar) sous le nom de Beirut, enregistré avec l’aide précieuse de Jeremy Barnes du groupe Neutral Milk Hotel.

Beirut – Gulag Orkestar (2006)

En 2007, Beirut publie plusieurs LP dont Elephant Gun sur lequel se trouve une version originale du Moribond de Jacques Brel. Cette même année, sort le second album studio du groupe The Flying Club Cup, album hommage à la France dont Zach Condon est tombé amoureux.

En 2011 sort l’album The Rip Tide puis en 2015 le quatrième album No No No.

Bierut – The Tip Ride (2011)
Beirut – NO No No (2015)

Pour son dernier album intitulé « Gallipoli », tout commence lorsque Condon a enfin pu récupérer son orgue Farfisa qui était resté dans la maison de ses parents à Santa Fe. Pour l’anecdote, cet instrument a été acquis lors de son premier emploi dans une salle d’art et de cinéma. Un claviériste de cirque ambulant l’avait laissé dans l’entrepôt après que certaines touches et fonctions de l’organe soient tombées en panne et aient cessé de fonctionner.

La plupart des chansons de son premier disque (Gulag Orkestar, 2006) et également du second (The Flying Club Cup, 2007) ont été entièrement écrites sur cet orgue.

 Au début de l’hiver 2016, Zach entame la composition de ce qui allait devenir « Gallipoli » sur cet orgue Farfisa.

Orgue Farfisa

Rapidement les chansons prennent forme, l’inspiration étant au rendez-vous et Zac Condon programme une session de trois semaines dans un tout nouveau studio à Chelsea, le Relic Room.

Relic Room Studio à Chelsea

Gabe Wax, le producteur de No No No, qui partage la même vision artistique rejoint Condon pour l’enregistrement.

Gabe Wax

Une fois les principaux instruments enregistrés, Nick Petree (batterie) et Paul Collins (basse) rejoignent Zac Codon et retravaillent chaque note avec des amplificateurs cassés, des échos spatiaux, des systèmes de sonorisation et des vieux magnétophones.

Nick Petree
Paul Collins

Sur son site internet, Zac explique « Nous avons parfois laissé un synthé tourner en boucle dans la salle d’enregistrement à un volume si fort que nous devions porter des écouteurs sur les oreilles lorsque nous rentrions dans la pièce pour effectuer des réglages. Je voulais que chaque grincement et chaque gémissement des instruments, chaque note désaccordée, chaque bourdonnement d’ampli et chaque dysfonctionnement technique restent incrustés dans les fentes des chansons ».

Après quelques difficultés dans sa vie personnelle, un divorce, un bras cassé en faisant du skate et le dégoût de la politique américaine de Trump, Zac décide de s’installer définitivement à Berlin au printemps 2017.

Mais c’est finalement Paul Collins qui déniche le studio « Sudestudio » niché dans la région rurale des Pouilles en octobre 2017.

Sudestudio (Lecce)
Sudestudio (Lecce)

Le mois suivant, Condon et ses musiciens passent entre 12 à 16 heures par jour en studio, avec quelques excursions nocturnes.

Zac Condon raconte : « Une nuit, nous sommes tombés par hasard sur une ville insulaire médiévale, Gallipoli. Nous avons suivi une procession où une fanfare, menée par des prêtres portant une statue du saint local, remontait les rues étroites et sinueuses de la ville… Ce soir-là, nous sommes rentrés tard à Sudestudio. Le lendemain, j’ai écrit d’une traite le morceau que j’ai fini par baptiser « Gallipoli ». 

Gallipoli (Italie)

Après dix heures de transe créative, Nick Petree et Paul Collins sont venus apporter leur talent pour rajouter les basses et les percussions.

« J’étais assez heureux du résultat, qui me semblait être un mélange cathartique de mon passé et de mon présent artistique, me renvoyant à la joie de ressentir, jadis, la musique comme une expérience viscérale.

À ce moment-là, j’ai compris que c’était le fil conducteur de l’album ».

Old Tree’z live au Grand Mix

Par défaut

J’ai découvert ce mercredi 11 décembre 2019 au Grand Mix de Tourcoing en première partie d’Emily Jane White le groupe Old Tree’z.

Old Tree’z est un trio originaire de la région de Lille. Composé de Romain Watson(multi-instrumentiste), de Mélanie Fontaine (batterie/choeur) et de Møh El Hilali (guitare/percus/chant), ils viennent de sortir leur premier album intitulé One is the Colour.

One is the Colour est un album de 13 titres surfant entre pop-folk et tribal Jam. Le style me fait parfois penser à Broken Back (déjà découvert au Grand Mix) et Cocoon.

Old Tree’z se caractérise par la présence de batterie, percussions et de Jembe donnant une couleur tribale invitant à un voyage initiatique vers des contrés sonores encore jamais visitées. L’autre caractéristique est la guitare basse et électrique de Romain. C’est une 7 cordes, un peu comme Lucky Luke avait un 7 coups avec son revolver, Romain à une 7 cordes pour des sons très étonnants.

En discutant quelques instants avec lui, il m’a expliqué qu’il a fait faire cette guitare sur mesure, et que cela demande pas mal d’heures apprivoisement de la bête, la corde de mi grave ayant le double rôle de lead et de basse. Je n’avais encore jamais vu pareille guitare (7 mécaniques, 5 en haut et 2 en bas).

Old Tree’z – Road

La voix de Moh est elle aussi particulière, assez grave et un peu éraillée (une angine en serait la cause) mais qui donne tout son charme et sa saveur au style Old Tree’z. Le garçon est Tourquennois et sort de l’école EF2M (Ecole de Formation aux Métiers de la Musique).

Old Tree’z – Run

Depuis maintenant trois ans le groupe tourne dans la région et a remporté cette année le tremplin du Main Square Festival à Arras, et s’est donc produit sur scène le 03 juillet 2019. l Une prestation très réussie que vous pourrez visionner ici

https://www.france.tv/spectacles-et-culture/festivals/main-square-festival/1026559-old-tree-z-en-live-au-main-square-festival-2019.html

Old Tree’z avec son premier album One is the Colour semble près à grimper sur la montagne sur succès et rester au sommet. Toutes les vidéos du concert sont disponibles sur la chaîne YouTube de News & Pop ici :

https://www.youtube.com/channel/UCIzmLZwHXRMk9314Tiwvtjg?view_as=subscriber

Old Tree’z – Climb Mountain

Les trois musiciens s’engagent envers le respect de l’environnement en soutenant l’ONG de solidarité internationale Planète Urgence : 1 CD vendu = 1 arbre planté. Si vous ne l’achetez pas pour vous, Faites le pour la planète !

Beck et l’Hyperspace infini

Par défaut

Beck vient de sortir son nouvel album « Hyperspace ». Réalisé en étroite collaboration avec Pharell Williams, cet opus ne devait être à l’origine qu’un EP mais leur travail en commun a fini par faire des étincelles pour accoucher finalement de 11 titres.

« J’ai toujours voulu faire un disque avec lui », a confié Beck au magazine NME à propos de sa collaboration avec Williams. « Nous sommes amis depuis une décennie et nous nous étions réunis et avions parlé de faire de la musique en 2012, mais à cette époque, il a fini par sortir une chanson avec Daft Punk, puis ‘Blurred Lines’ et ‘Happy’.

« Il y avait eu une période où Pharrell avait été très occupé et une opportunité s’était présentée, alors je l’ai saisie. A l’origine, il devait s’agir d’un single ou d’un EP, mais je pense que nous avons tous les deux été surpris quand on a compris que ce serait beaucoup plus que ça. »

Pharell Williams est donc aux commandes sur 7 titres. Il offre à Beck un album dépouillé et beaucoup plus épuré que le précédent Colors. D’autres guests sont également présents notamment Chris Martin de Coldplay (guitare acoustique) sur Stratosphère ou Paul Epworth, producteur d’Adèle sur le morceau Star(production et composition).

« J’ai des souvenirs d’albums vraiment solitaires, à passer 12 heures par jour à produire péniblement. Là, c’était très joyeux d’amener de nouvelles personnes, et j’espère remettre ça dans le futur »

On lui a parfois reproché mais Beck est un artiste libre toujours en mouvement, explorant, tordant les styles jusqu’à parfois nous mettre mal à l’aise. Il est une sorte de passerelle entre les genres mais aussi les générations.

« L’ancienne génération dit que c’était mieux avant et les jeunes considèrent la musique d’avant comme une antiquité dans laquelle ils ne se retrouvent pas ; moi je suis quelque part au milieu. »

A 50 ans, Beck Hansen est plus libre que jamais et s’est détaché de tous les codes, les règles et les compromis. 11 titres aussi différents les uns que les autres, entre rock, funk, soul, pop, électro et hip hop. Tous les goûts sont dans la nature d’Hyperspace au risque de se perdre un peu dans ce kaleidoscope des genres, de faire une indigestion tant chaque morceau est un contrepied du précédent.

« Ce n’est pas que je ne voulais pas utiliser de guitares ou faire du grunge ou de l’indie rock dans les années 1990 mais pour moi ça semblait redondant, il y avait tant de nouveaux trucs à faire. Aujourd’hui je pense que j’avais raison, j’ai désormais toute latitude pour faire ce que je veux. » 

Beck Hansen n’a pas fini de se renouveler et de nous surprendre. Pour ceux qui aiment les routes toutes tracées, sans détour, sans pause au motel country ou au clubbing hip hop du coin, alors passez votre chemin. En revanche, si vous cherchez quelques chemins de traverses pour y croiser l’inattendu et le déroutant, alors soyez les bienvenus à bord de l’Hyperspace de Beck Hansen !

Beck – Hyperspace

Hyperspace de Beck est paru le vendredi 22 novembre et est disponible sur toutes le plateformes de streaming et de téléchargement.

Emily Jane White nous offre le magnifique « Immanente Fire »

Par défaut

Immanente Fire est le sixième album d’Emily Jane White. En créant un son épique, englobant des arrangements semi-orchestrales d’Anton Patzner (Pete Yorn, Sunbears), elle tente d’explorer une solution féminine à l’extinction imminente de notre espèce.

Anton Patzner

Emily Jane White est née en 1982 en Californie.

Elle connaît ses premières expériences musicales en 2000 sur le Campus Universitaire de Santa Cruz où elle chante dans des groupes punk et métal.

Elle pose ses valises quelques mois en France à Bordeaux puis retourne en Californie pour s’installer à San Francisco.

En 2008, elle sort son premier album Dark Undercoat.’ C’est en écoutant l’émission de Bernard Lenoir, un soir sur France Inter, que le fondateur du label bordelais Talitres (The National), Sean Bouchard, découvre la voix d’Emily Jane White. 

Elle enchaîne alors avec 4 albums en 7 ans qui confirmeront sa notoriété en France et en Europe.

Victorian America (2009), Ode To Sentience (2010), Blood/Lines (2012) et They Moved in Shadow All Together (2016).

They moved in Shadow all Together paru en 2016.

Son dernier album Immanente Fire sorti le 15 novembre 2019 fera date dans la carrière d’Emily Jane White. Elle touche la perfection proche du chef d’oeuvre. On y trouve des ballades intimistes, élégantes et mélancoliques. L’artiste maîtrise parfaitement sa voix d’une beauté transcendante, magnétique et hypnotique.

Immanente Fire est paru le 15 novembre 2019

Musicalement ce sixième album privilégiant le piano et les synthétiseurs participent aux magnifiques harmonies vocales et offre des chansons intemporelles à l’orchestration subtile et élégante.

Washed Away – Emily Jane White

« Washed Away évoque notre rapport souvent distancié au monde naturel, la façon dont la communication et la technologie dominent une grande partie de notre monde contemporain. Notre relation à la nature se doit d’être réévaluée et revalorisée, elle dégage à terme une force créative non négligeable ».

Immanante Fire dresse le portrait d’une société aveugle au chaos qu’elle engendre, l’extinction des espèces, les désordres économiques et sociaux. Comme dans ses albums précédents, elle évoque ses engagements féministes et emprunte cette fois-ci des thèmes chers à l’écrivaine américaine Miriam Starhawk pour qui l’émergence d’un monde patriarcal et colonial aurait généré les conditions du développement d’un capitalisme sauvage et avec lui, la dévalorisation de la femme et la destruction de la nature.

Miriam Starhawk

Un album exceptionnel peut-être l’un des plus beaux de l’année 2019 à écouter, ré-écouter dans le noir sur son sofa, dans la pénombre et en montant le volume pour percevoir toute la pureté de ce magnifique disque.

Isaac Delusion les élévateurs de la french pop

Par défaut

Isaac Delusion vient de sortir Uplifters, son troisième album. On vous dit ici ce que l’on en pense… Lorsqu’en 2014 était sorti l’album éponyme d’Isaac Delusion, cela avait été un véritable choc ! Nous avions été envoûtés par la voix androgyne et la musique aérienne de cet artiste que nous avions immédiatement considéré comme britannique pour être aussi génial ! Bon, après quelques recherches sur le net, nous avions corrigé notre copie. Isaac Delusion est un groupe (ils sont désormais quatre) et ils sont français. Cocorico !

Isaac Delusion (2019)

Nous les attendions au tournant lors de la sortie de leur second album Rust and Gold en 2017. Et oui, tout le monde sait que le deuxième album est toujours un cap difficile à franchir. Et là, rebelote ! La confirmation du style et surtout du talent du groupe parisien.

Isaac Delusion – Rust and Gold (2017)

C’est donc avec une certaine confiance que nous attendions de pouvoir écouter le troisième opus d’Isaac Delusion, le bien nommé Uplifters. Alors qu’est-ce qu’on en pense ? Franchement ? Bah, c’est pas compliqué, c’est notre album de la semaine (et des prochaines semaines) !

Isaac Delusion – Uplifters (2019)

Comment ça fait plaisir d’écouter nos petits frenchies et nous proposer de la pop si réjouissante. Dès la première écoute, nous sommes en terrain connu et conquis. Nous avons retrouvé avec Uplifters cette pop entêtante, envoûtante, aérienne et toujours empreinte d’une douceur mélancolique. Alors, on prend les mêmes et on recommence ? Pas tout à fait ! Explication…

Ce troisième album est un retour aux fondamentaux, sans les contraintes techniques et intellectuelles que le groupe s’étaient imposées lors des deux premiers albums. Retour à quelque chose de plus primaire. « Cet album, c’est un peu nous d’avant » aime à dire Isaac Delusion en interview. Et en effet, Uplifters est un disque aux thème légers, sans prise de tête, un peu comme à leur début, avant d’être connu (dixit Isaac Delusion toujours).

Isaac Delusion – Fancy (Uplifters – 2019)

On y retrouve donc naturellement une certaine spontanéité, une candeur attendrissante en écoutant ce disque. C’est un disque dégageant une saveur toute particulière de douce nostalgie, de souvenirs de vacances, de souvenirs d’adolescence. L’album se termine par une reprise de Couleur menthe à l’Eau (plutôt réussie d’ailleurs), souvenir d’enfance de Jules (le chanteur), à l’arrière de la voiture de son père écoutant Nostalgie, sur le chemin du retour des vacances.

Isaac Delusion – Couleur Menthe à l’Eau (Uplifters – 2019)

Pari réussi donc pour Isaac Delusion qui se positionne aujourd’hui comme les élévateurs de la french pop au même titre qu’Antoine Pesle et son HiFi Romance. Ça fait plaisir !

Antoine Pesle est le roi de la romance Hifi

Par défaut

C’est l’album qui tourne en continu sur ma platine cette semaine. Hifi Romance d’Antoine Pesle.

Antoine Pesle est auteur, compositeur et producteur et autre qualité non négligeable il est également lillois. Il s’est fait repéré en 2013 avec un EP Amour Lemon et surtout en co-réalisant l’album Petite Amie de Juliette Armanet.

Le 04 octobre dernier, Antoine Pesle sort Hifi Romance. Pour un premier essai, il s’agit d’un coup de maître. Cet album est très réussi. Entre Air et Sébastien Tellier, Hifi Romance est un disque électro au groove lent qui instille dès la première écoute une ambiance ouatée, romantique et particulièrement sensuelle.

Je vous recommande les morceaux Latence (à écouter dans son canapé avec un bon verre de vin), Too Much (dans sa voiture, la fenêtre ouverte et le coude posée sur la portière) ou Close To You (un morceau pour faire l’amour, essayez vous allez kiffer).

Et puis Mémoire Tampon, si vous voulez rejoindre Antoine Pesle sous la douche (écouter et vous comprendrez) !

Antoine Pesle sera en concert au Grand Mix de Tourcoing le 21 novembre 2019 et bien évidement j’y serai pour vous proposer un témoignage du concert.

Avec A Blemish In A Great Light, Half Moon Run s’affiche au grand jour

Par défaut

Il y a encore quelques semaines, Half Moon Run m’était totalement inconnu. C’est en consultant l’agenda de la salle de concert du Grand Mix de Tourcoing, que je m’y suis intéressé, le groupe y étant annoncé pour un concert le 10 mars 2020.

Afin de savoir à qui j’avais à faire, je me suis donc mis sur ma platine A Blemish in a Great Light, nouveau disque du groupe paru ce jour et je suis allé consulter leur histoire.

Devon Portielje, Conner Molander rejoints par Dylan Phillips puis Isaac Symonds forment les Half Moon Run à Montréal en 2009.

Fin 2010, le label indépendant Indica leur offre leur premier contrat. Ils jouent alors dans différents festivals et se font remarquer en 2013 lors du Glastonbury Festival. Leur reconnaissance se confirme en enchaînant les premières parties des concerts de Mumford & Sons ou de Patrick Watson.

Leur premier album Dark Side parait en 2012 suivi d’une tournée mondiale en Amérique du Nord, Australie et en Europe.

En 2013, la chanson Full Circle est reprise par Ubisoft pour la bande annonce du nouveau jeu Assassin’s Creed IV : Black Flag. L’album Dark Side connaît alors un succès international.

En 2015, Half Moon Run sort son second album Sun Leads Me qui confirme leur potentiel. Une tournée internationale confirme le succès du groupe.

Voilà pour le petit récapitulatif historique. Alors que dire de ce troisième album A Blemish in a Great Light (Une tâche dans une grande lumière) ?

Half Moon Run a semble t-il œuvré longtemps sur son troisième opus. Quatre ans après Sun Leads Me On, le groupe indie rock montréalais a décidé de faire «des choses qui lui faisaient peur» pour donner naissance à un album ambitieux aux sonorités multiples.

Half Moon Run se cachait «derrière un rideau» lors de l’élaboration de ses deux premiers albums studio, Dark Eyes et Sun Leads Me On, selon Dylan Phillips, membre du groupe. Avec A Blemish in the Great Light, le quatuor monte sur scène, explique-t-il.

«Avec Dark Eyes, on ne pensait pas avoir de carrière. Au deuxième album, c’était excitant d’avoir une carrière, mais, en même temps, on était souvent sur la route. Au moment d’écrire, on n’était pas vraiment disponibles», se rappelle Dylan Phillips.

Avec son troisième opus, Half Moon Run donne naissance à un amalgame de styles musicaux encore jamais essayés, aux antipodes apparement de ce qu’il avait produit auparavant.

«On a essayé de faire quelque chose de différent», avance Dylan Phillips.

«On a pris du temps individuellement. Moi j’ai pris du temps pour travailler sur mes capacités d’écrire musicalement. Les autres aussi», ajoute-t-il.

L’album est réalisé par Joe Chiccarelli, producteur pour The Strokes, The White Stripes ou Frank Zappa, excusez du peu ! La qualité de réalisation se remarque dès la première écoute. C’est précis, cohérent, l’ambiance Indi-rock-pop est claire mais d’autres sonorités se laissent entendre.

Joe Chiccarelli – Producteur

La pedal steel de Conner Molander occupe une place prépondérante sur l’album, ce qui a tendance à lui donner des couleurs country assez inattendues.

«C’est déjà un instrument qui donne un peu une vibe country. On ne peut pas l’éviter, mais je trouve que ça fonctionne très bien avec notre musique», lance Dylan Phillips. Flesh and Blood, la troisième chanson de l’opus, regorge d’éclats vibrants de pedal steel.

Half Moon Run a tout essayé pour créer de nouveaux morceaux durant les deux années consacrées à la conception de l’album. À un moment lors de l’élaboration, les quatre musiciens ont tenté de trouver «le son de Fleetwood Mac», légendaire groupe de rock. «C’était une exploration», observe Phillips.

Les inspirations folk (Bob Dylan, Léonard Cohen) font aussi partie du répertoire sur lequel le groupe s’est appuyé, précise Dylan Phillips. Les créations du groupe de musique électronique Boards of Canada ont aussi été utiles.

Mais Half Moon Run n’a pas uniquement puisé dans du nouveau pour construire A Blemish in the Great Light. La chanson d’ouverture, Then Again, était une «vieille idée», d’après Phillips.

«Certaines des nouvelles chansons viennent de vieilles idées qui n’ont pas fonctionné dans le passé. On a une grosse liste dans notre salle de répétition. Quand on est bloqué, on les essaie», dit-il.

La chanson Razorblade, un mastodonte de presque huit minutes, évoque le Half Moon Run de Sun Leads Me On… jusqu’à la moitié de la chanson puis dérive vers un son métal. Ce passage fait partie des préférés de Dylan Phillips.

«C’était très difficile, mais très excitant à composer. C’était une des chansons où il y avait plein de petites idées. On ne savait pas comment les mettre ensemble», se remémore-t-il.

Je vous recommande donc de poser vos oreilles sur le dernier disque des Half Moon Run pour passer un joli moment musical entre Pop, Indie, Rock et Folk. L’album est dense, il existe de nombreuses sonorités très diverses, les influences et les références multiples.

Si l’envie vous en dit vous pourrez également les voir en concert au Trianon à Paris le 26 novembre 2019 et bien sûr le 10 mars 2020 au grand Mix de Tourcoing.

Cry, le nouveau film romantique de Cigarettes After Sex

Par défaut

Cry, le nouvel album de Cigarettes After Sex vient de sortir et depuis il tourne en boucle sur ma platine.

J’étais impatient et pour tout vous dire un peu inquiet de voir ce que le groupe pouvait faire après le carton (550 000 exemplaires) de leur premier album éponyme paru il y a 2 ans. Pas évident de confirmer après un tel succès. De nombreux groupes sont tentés de changer de style, de coller à la tendance du moment ou de plier à la pression d‘une musique de disque toute puissante.

Cigarettes After Sex, lui ne change rien. Pourquoi changer une recette qui a fait ses preuves ?

Cry marche donc dans les traces de son prédécesseur. Dès le premier titre, on retrouve cette ambiance éthérée qui a fait le succès des texans. Greg Steven Gonzales, chanteur, leader et producteur du groupe a toujours cette voix androgyne si suave et veloutée, quasi érotique. Pourtant, Gonzales parle d’une voix assez grave très différente lorsqu’il chante. Sa principale influence serait Françoise Hardy, découverte en 2009 à travers ses chansons sixties.

« Cela m’a totalement bouleversé, je n’avais jamais entendu une voix pareille. La façon qu’elle avait de chanter était juste époustouflante. J’ai eu envie de faire une musique qui soit aussi belle que la sienne ». (Ouest France – 26 oct. 2019).

C’est cinématographique, chaque titre pourrait être une bande originale de David Lynch ou d’Eric Rohmer. La rythmique est en apesanteur, les mélodies d’une très grande sensualité.

L’Album a été enregistré dans une sorte de manoir sur l’Ile de Majorque. Toutes les sessions se sont déroulées de nuit, sous les étoiles. C’était une volonté de Greg Gonzales afin de retrouver cette ambiance si particulière de la nuit. Cette nuit qui lui va si bien, noire et inquiétante mais également si sensuelle et douce.

“Dernièrement, j’ai vu cet album comme un film. C’était un cliché de ce sensationnel et exotique endroit, qui abrite différentes scènes et différents personnages, mais finalement il s’agit vraiment de romance, de beauté et de sexualité”.

Avec Cry, Cigarettes After Sex nous propose la suite de leur premier album, toujours aussi beau, romantique, sexuel et envoûtant. J’adore !

Avec Homeless, Stéphan Eicher n’est pas à l’abri des sentiments

Par défaut

Stéphan Eicher signe avec Homeless Song un superbe album ! Je serais tenté de dire son plus bel album.
J’ai lu dans la presse que Stéphan Eicher a eu de sérieux problèmes de santé. Il se déplace avec une canne. Il a également du affronter une sérieuse bataille juridique avec son ancienne maison de disque, 7 ans sans pouvoir publier de nouvelles chansons originales puis avec la nouvelle ayant subitement réduit de 60% le budget pour ce disque. L’artiste ne manquant pas d’humour, a alors créée douze morceaux d’une minute chacun. Ce qui explique la présence de certains morceaux très courts sur cet album (« Broken » dure 43 secondes) ou de bonnes questions sur « Né un ver (mais c’est quoi ce bordel ?) ».
On retiendra également que le morceau « Si tu veux que je chante » s’adresse directement à sa maison de disques. Si tu veux que je chante, ne sois pas infidèle, ne me crois pas si fort, ni me crois pas si faible.
On trouve des morceaux exceptionnels chantés en français, en anglais et en suisse allemand, aigre-doux, intimes, beaux et acerbes. Chaque morceau mélange élégamment ces sentiments.
Je suis tombé sous le charme de « Toi et ce monde », magnifique chanson d’amour (j’aimerai bien t’entendre dire je regrette avant de fermer les yeux) et de   »La fête est finie » (trio avec Miossec et Axel Red).
Voilà donc un très bel album, un album d’automne avec de la pluie mais aussi un soleil doux qui vous caresse tendrement le visage comme un baiser ou une plume.