Myopia, album introspectif d’Agnès Obel

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Agnès Obel signe son 4ème album intitulé Myopia. Ce nouvel album est ue nouvelle étape pour cette danoise de 40 ans. Les trois premiers albums d’Obel sont sortis chez PIAS, mais elle est maintenant « ravie » d’avoir signé chez le premier label de musique classique au monde, Deutsche Grammophon. Lors d’un récent voyage aux Capitol Studios, à Los Angeles, elle a été stupéfaite par les photos de musiciens célèbres qui y ont enregistré au fil des ans (Myopia sort sur le label américain Blue Note, propriété de Capitol).

Pourtant Agnès Obel ne se considère pas comme une artiste classique, mais elle a eu l’occasion de rencontrer le Directeur Artistique de Deutsche Grammophon avec lequel elle s’est très bien entendue et s’est sentie la bienvenue.

Agnès Obel considère la musique comme un atelier d’introspection. Dans son album précédent Citizen of Glass, elle a travaillé sur la perspective et la perception. Dans Myopia, elle explique comment son esprit peut lui jouer des tours et comment celui-ci peut être son meilleur ami comme son pire ennemi. Myopia est la poursuite de cette analyse plus introspective, plus personnelle débutée sur Citizen Of Glass son précédent album. Agnès Obel prend conscience ici de sa propre distorsion de la réalité.

« C’est bien d’enquêter sur la façon dont l’esprit vous joue des tours – cela peut être apaisant », dit-elle. « Votre esprit est un catalyseur, jamais neutre. Il est coloré par tous vos souvenirs et les substances chimiques de votre cerveau. Se promener en pensant que votre expérience de la vie est neutre est le fondement de nombreuses erreurs ».

Myopia a été réalisé dans son home studio à Berlin. Elle travaille seule, aimant se retrouver isolée dans sa bulle; cette solitude lui paraît nécessaire.

Les collaborations directes sont difficiles pour elle : « Ça n’a jamais vraiment marché pour moi. C’est trop éloigné de ce que sont mes chansons ». Mais dès qu’Obel trouve un collaborateur en qui elle a confiance, elle s’y tient. Reprenant son rôle à travers ses trois premiers albums, Martin Englert a maîtrisé Myopia. « Je lui fais confiance maintenant parce qu’il a un merveilleux studio analogique et qu’il me connaît aussi – il corrige même les fréquences [pour moi] », dit Obel.

En fin de compte, Obel voit sa prédilection pour le travail en solo comme une aventure dans sa « petite grotte ». « Je veux me rapprocher des expériences que j’ai vécues », dit-elle. « J’aime quand les musiciens font aussi des recherches et qu’ils les intègrent dans le processus d’écriture. Je dois faire confiance à mon intuition. Et sa grotte est vraiment son premier amour : si elle est obligée de choisir entre le spectacle et l’enregistrement, elle préfère faire des albums. Malgré cela, Obel est consciente de sa présence sur scène.

La pochette de l’album correspond à l’atmosphère du disque. le visage d’agnès Obel apparaît en clair-obscure, éthéré, les yeux perdus dans les songes. L’image est floue, légèrement bleutée. Le bleu est la couleur dominante de la pochette. Toutes les images semblent avoir été photographiées à travers un filtre bleu issu d’un écran télé.

Myopia est une invitation au voyage enchanteur vers des contrées imaginaires. Le temps semble suspendu, les voix sont cristallines, le piano et les mélodies féériques. La musique y est douce, gracieuse, aérienne. Agnès Obel nous fait une démonstration de son talent, de son art délicat et de sa présence unique.

Toutes les infos sur la tournée d’Agnès Obel sont dispos ici

https://www.agnesobel.com

Bowie : It is a wonder for the fans

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C’est le Valentine’s Day pour les fans absolus du regretté David Bowie. Ce vendredi 14 février 2020 est sorti Is It AnyWonder ?

Quatre ans après son décès, Parlophone publie un EP 6 titres de David Bowie, composé d’inédits et de raretés enregistrés en 1996-97 dans sa période Outside et Earthling.

L’EP s’ouvre sur Baby Universal 97, une chanson qui figurait sur le deuxième album de Tin Machine. Cette version devait figurer sur Earthling, entre ‘I’m Afraid Of Americans’ et ‘Law (Earthlings On Fire)’.

“Fun”est une remise à jour de ‘Fame’, repris sous le titre ‘Is It Any Wonder?’ lors des sets en club de la tournée Earthling. Les parties rythmiques et les programmations ont été réalisées à Dublin, lors des répétitions de la tournée, début 1997.

“Stay 97” est, comme son nom l’indique, une relecture de la chanson parue en 1976 sur l’album Station To Station. La version a également été enregistrée à Dublin avec Mark Plati et Reeves Gabrels lors des répétitions de la tournée Earthling.

I Can’t Read” figurait sur le premier album éponyme de Tin Machine paru en 1989. Lors du mixage d’Earthling, David Bowie l’a ré-enregistré et le titre a temporairement fait partie de la version finale de l’album, avant d’être écartée au profit de ‘The Last Thing You Should Do’.

Le semi-instrumental ’Nuts’ a été co-écrit par David Bowie, Reeves Gabrels et Mark Plati. Il a aussi été enregistré lors de la dernière séance d’enregistrement d’Earthling, en novembre 1996. Retiré du tracklisting au dernier moment, le titre est resté inédit jusqu’à ce jour.

La version physique de l’EP s’ouvre et se referme sur deux versions de The Man Who Sold The World : la première est extraite d’une séance d’enregistrement pour la BBC, le 8 janvier 1997 , à l’occasion du 50 ème anniversaire de Bowie, l’autre est un live remixé par Eno.

Disponible en streaming le 13 février, Is It Any Wonder ? sera dans les bacs des disquaires le 20 mars. Les fans voudront l’avoir dans tous les formats disponibles.

Cet article est issu du site InOut Côte d’Azur à lire ci-dessous

https://inout-cotedazur.com/2020/02/13/david-bowie-is-it-any-wonder/

Avec Circles, Mac Miller tire sa révérence avec grande classe !

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Salut les newspopers et popeuses ! Bing, claque dans ma petite gueule de novice cette semaine avec cet album « Circles » de Mac Miller. En consultant les nouveautés annoncées sur l’excellente plateforme de streaming Qobuz, je m’arrête sur cet album. « Circles » de Mac Miller, classé dans le genre Rap. Ouais, bon why not ? Le genre Rap met mes sens en alerte, attention lumière orange clignotante dans ton crâne, tu vas pas aimé mon pote me chuchote cette petite voix qui prétend être celle de ma conscience depuis presque 50 ans. Bon, allez tant pis, partons à l’aventure, on est jamais à l’abri d’une bonne surprise.

Et la bonne surprise, elle est là. Cet album est juste très beau. C’est mélodieux, c’est musical, c’est dansant. La voix de Mac Miller est très mélodique, ça chante. Je trouve tout ça très groove en fait !

Je me dis que ce n’est pas vraiment du Rap, ou pas trop en fait. J’en discute avec mon fils de 16 ans bien plus informé sur le sujet que ma pomme. En fait, Mac Miller avec cet album posthume, ah bon ? Il est mort ? C’est con ! Bah ouais, il est mort en 2018 d’une overdose de différentes drogues. Bref, avec « Circles » donc, Mac Miller fait du Rap Low-Fi, c’est un dérivé de cloud rap et de boom bap.

Ouch ! Ah bah oui, là c’est beaucoup plus clair ! Il y a plein de termes qui me sont inconnus dans cette phrase. Va falloir que je me documente. Allez, petit tour chez Wikipédia.

Explication pour les nuls dans mon genre. Le Cloud Rap appartiendrait à une sous-famille du rap avec une structure plus lente et plus aérienne (d’où le cloud !) que le rap traditionnel. Le Cloud Rap utiliserait également beaucoup de représentations un peu rétro de consommation issus des années 80 jusqu’au milieu des années 2000. On pourrait citer par exemple les jeux vidéos Nintendo 64 ou Sega, les VHS, Internet, le postmodernisme. Le représentant du Cloud Rap en France serait PNL apparement (so what ?).

Bon et le Boom Bap alors ? Style de production hip-hop dominant dans les années 90, le boom bap est synonyme d’ancien temps ou plutôt synonyme du rap old school. Basé sur un rythme à quatre temps, le terme “boom bap” fait référence au rythme des coups de batterie qui nous ramènent au tout début, au moment de l’émergence du hip-hop aux Etats-Unis.

En effet à l’écoute de l’album « Circles », Matt Miller fait du Rap Low-Fi Boom Bap ! Et oui, mes newspopers ça vous en met un coup non ? Pour ma part, je viens de prendre un cours particulier sur les déclinaisons du genre Rap. Et le Lo-Fi alors ? Ah bah oui, le Rap Lo-Fi c’est quoi alors ? Le Rap Lo-Fi a la particularité d’être uniquement instrumental, ou simplement narré de passages de films ou d’une citation tirée d’un manga japonais. Caractérisé par sa lenteur et l’utilisation de sons désuets, tels que des grésillements, le bruit d’un lecteur radio ou d’un vieux solo de jazz en mauvaise qualité, ce genre est d’une rare douceur. Personne ne sait néanmoins d’où il vient précisément, mais sa paternité a naturellement été attribuée par les aficionados aux génies du genre, tels que Nujabes, J Dilla ou Jinsang.

Bon, me voilà à peu près à jour pour les genres. Mais alors, que vaut cet album ? Et bien, je dois dire que je passe de très bons moments depuis le début de semaine en écoutant et ré-écoutant ce disque. Je vous le conseille à l’écoute dans votre salon tranquillou, avec un verre de votre boisson préférée (c’est selon le stye de chacun), lumières quelques peu tamisées. Circles est un album très intéressant, aux titres variés, aux diverses influences (évoquées plus haut, faut suivre les loulous), très groovy (vocabulaire de l’ancien monde), très Boom-Bap.

L’excellent titre « Everybody » ravira vos cages à miel à écouter ici

Et « Hand Me Downs », un titre raffiné tout en douceur à écouter également ici.

Putain, ça me fait tout drôle de vous dire ça, mais je croix que j’aime le rap, celui-ci en tout cas. C’est du rap pour les vieux comme moi !

Ozzy Osbourne dévoile Ordinary Man avec Sir Elton John en Guest Star

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Le nouvel album d’Ozzy Obsourne(chanteur de Black Sabbath), intitulé « Ordinary Man » est annoncé dans les bacs le 21 février 2020. Il y a deux mois, le musicien avait déjà dévoilé un premier extrait « Under the Graveyard », il vient de publier ces derniers jours un titre éponyme avec un Big Guest Star ! Sir Elton John himself !

Une nouveauté à découvrir ici :

Les 10 albums que nous avons aimé en 2019

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Stéphan Eicher – Homeless Songs
Cigarettes After Sex – Cry
Half Moon Run – A Blemish in the Great Light
Antoine Pesle – Hifi Romance
Isaac Delusion – Uplifters
Hyperspace – Beck
Beirut – Gallipoli
Alain Souchon – Âme Fifties
Emily Jane White – Immanente Fire
Nick Cave and The Bad Seeds – Ghosteen

Structuralism d’Alfa Mist est épatant !

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Ce jeune britannique n’en est qu’à son second album mais ça sonne déjà comme un artiste à la carrière longue qui sortirait son 20ème album.
Alfa Mist (Alfa Sekitelo de son vrai nom) explique qu’il a été affecté par son environnement. Son éducation l’a façonné d’une manière qui fait qu’il ne sait pas comment communiquer. Le structuralisme signifie « je suis comme je suis à cause de la structure de la société dans laquelle j’ai grandi, maintenant j’ai besoin d’apprendre à communiquer ». L’objectif semble atteint avec « Structuralism ».

44, premier titre de l’album débute avec les commentaires en anglais d’une femme, puis se poursuit avec trompette, beat jazzy, synthés rétro. Tout y est déjà dès le premier titre. On est dans le groove, jazz, hip-hop fusion. La couleur est annoncée. Les nappes de synthés accompagnent le tic de rythme beat jazz pour accueillir au milieu du morceau la guitare électrique soliste, qui s’en donne à cœur joie. Bref 44 nous livre dès l’entrée un plat de résistance bien garni, un régal. Le morceau est long (10 minutes) et dense. Mais pas d’indigestion car la suite passe tout seul.

Falling, second morceau de l’album est feutré, nappé, élégant. Un pur régal pour les oreilles délicates. Kaya Thomas-Dyke au chant apporte toute sa douceur et sa sensualité. Le morceau se termine au piano et violoncelle pour la touche finale de cette chute en douceur.

Mulago, troisième titre débute au piano sous les commentaires en anglais d’une femme anglaise. Est-ce une redite du premier morceau ? Pas du tout ! Un morceau lent, hypnotique, voluptueux. La trompette vient compléter le trip de la ritournelle du piano qui tourne en boucle. L’auditeur est déjà sous le charme dès ce troisième morceau, impressionné par l’efficacité de la démonstration.

Glad I Lived, débute sur les commentaires d’un homme anglais. Belle présence de la batterie qui vient rythmer l’ensemble du morceau autour du saxo et du violon, et le synthé en arrière plan discret. Un morceau loin d’être simpliste, il devient en réalité de plus en plus complet tout au long des 6 minutes d’écoute. Le morceau se termine en sonorités très originales. A ré-écouter plusieurs fois pour comprendre l’ensemble de sa force.

Jjajja’s Screen, cinquième titre de l’album est un pur morceau jazz club. Trompette, guitare et synthé. C’est langoureux, de la fumée de cigarettes s’échappe de la salle, on s’attend à voir débouler un trompettiste noir dans son salon tellement l’ambiance est forte et immersive. Un aller simple pour un club de jazz new-yorkais sans bouger de son salon. Enjoy !

Nayiti, sixième titre de l’album donne la place aux cuivres. Plus de 09 minutes d’immersion pour déguster un solo de trompette accompagné de nappage de synthés. Un morceau à réserver aux inconditionnels du genre pourrait-on croire mais non, là aussi une belle surprise attend celui qui prendra le temps d’écouter le morceau dans son intégralité. La trompette laisse sa place à la guitare soliste qui se donne corps et âme ! Ce morceau est d’une très grande intensité, les 9 minutes et trente secondes ne sont pas superflues. C’est juste ébouriffant !

Retainer, septième morceau démarre lentement, quasi en procession avec batterie et cuivre. Et puis la guitare soliste vient colorer le morceau. C’est du classique, pas de surprise, c’est du connu. Mais là aussi, étonnement une deuxième partie semble se découvrir après le classique, l’attendu. Le piano ouvre la voie à la guitare électrique qui joue une partition et un son encore jamais joué sur l’album. Bref, encore une fois il faut être patient pour profiter pleinement du potentiel du morceau.

Door, huitième et dernier morceau de l’album avec Jordan Rakei est un morceau chanté, le moins jazzy de l’album, presque trip-pop, ovni par rapport aux sept autres morceaux, histoire de nous surprendre jusqu’au dernier sillon. Épatant ! 

Avec Gallipoli, Beirut nous offre un mélange cathartique du passé et du présent artistique

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Beirut se caractérise par une capacité à proposer des styles musicaux très variés, folk, pop, rock mais également des sonorités d’origines tziganes ou slaves.

Multi-instrumentiste, Zach Condon, leader de Beirut a débuté dès sa plus jeune enfance la musique en apprenant seul l’accordéon, le piano ou la trompette son instrument de prédilection.

Dès 16 ans, il quitte les Etats-Unis et découvre les musiques du monde et celles de l’Europe de l’Est, et sera fortement influencé par les compositions du collectif macédonien Koceani Orkestar ou le musicien yougoslave Goran Bergovic.

C’est en 2006 que Zach Condon se fait remarquer avec un premier album (Gulag Orkestar) sous le nom de Beirut, enregistré avec l’aide précieuse de Jeremy Barnes du groupe Neutral Milk Hotel.

Beirut – Gulag Orkestar (2006)

En 2007, Beirut publie plusieurs LP dont Elephant Gun sur lequel se trouve une version originale du Moribond de Jacques Brel. Cette même année, sort le second album studio du groupe The Flying Club Cup, album hommage à la France dont Zach Condon est tombé amoureux.

En 2011 sort l’album The Rip Tide puis en 2015 le quatrième album No No No.

Bierut – The Tip Ride (2011)
Beirut – NO No No (2015)

Pour son dernier album intitulé « Gallipoli », tout commence lorsque Condon a enfin pu récupérer son orgue Farfisa qui était resté dans la maison de ses parents à Santa Fe. Pour l’anecdote, cet instrument a été acquis lors de son premier emploi dans une salle d’art et de cinéma. Un claviériste de cirque ambulant l’avait laissé dans l’entrepôt après que certaines touches et fonctions de l’organe soient tombées en panne et aient cessé de fonctionner.

La plupart des chansons de son premier disque (Gulag Orkestar, 2006) et également du second (The Flying Club Cup, 2007) ont été entièrement écrites sur cet orgue.

 Au début de l’hiver 2016, Zach entame la composition de ce qui allait devenir « Gallipoli » sur cet orgue Farfisa.

Orgue Farfisa

Rapidement les chansons prennent forme, l’inspiration étant au rendez-vous et Zac Condon programme une session de trois semaines dans un tout nouveau studio à Chelsea, le Relic Room.

Relic Room Studio à Chelsea

Gabe Wax, le producteur de No No No, qui partage la même vision artistique rejoint Condon pour l’enregistrement.

Gabe Wax

Une fois les principaux instruments enregistrés, Nick Petree (batterie) et Paul Collins (basse) rejoignent Zac Codon et retravaillent chaque note avec des amplificateurs cassés, des échos spatiaux, des systèmes de sonorisation et des vieux magnétophones.

Nick Petree
Paul Collins

Sur son site internet, Zac explique « Nous avons parfois laissé un synthé tourner en boucle dans la salle d’enregistrement à un volume si fort que nous devions porter des écouteurs sur les oreilles lorsque nous rentrions dans la pièce pour effectuer des réglages. Je voulais que chaque grincement et chaque gémissement des instruments, chaque note désaccordée, chaque bourdonnement d’ampli et chaque dysfonctionnement technique restent incrustés dans les fentes des chansons ».

Après quelques difficultés dans sa vie personnelle, un divorce, un bras cassé en faisant du skate et le dégoût de la politique américaine de Trump, Zac décide de s’installer définitivement à Berlin au printemps 2017.

Mais c’est finalement Paul Collins qui déniche le studio « Sudestudio » niché dans la région rurale des Pouilles en octobre 2017.

Sudestudio (Lecce)
Sudestudio (Lecce)

Le mois suivant, Condon et ses musiciens passent entre 12 à 16 heures par jour en studio, avec quelques excursions nocturnes.

Zac Condon raconte : « Une nuit, nous sommes tombés par hasard sur une ville insulaire médiévale, Gallipoli. Nous avons suivi une procession où une fanfare, menée par des prêtres portant une statue du saint local, remontait les rues étroites et sinueuses de la ville… Ce soir-là, nous sommes rentrés tard à Sudestudio. Le lendemain, j’ai écrit d’une traite le morceau que j’ai fini par baptiser « Gallipoli ». 

Gallipoli (Italie)

Après dix heures de transe créative, Nick Petree et Paul Collins sont venus apporter leur talent pour rajouter les basses et les percussions.

« J’étais assez heureux du résultat, qui me semblait être un mélange cathartique de mon passé et de mon présent artistique, me renvoyant à la joie de ressentir, jadis, la musique comme une expérience viscérale.

À ce moment-là, j’ai compris que c’était le fil conducteur de l’album ».

Old Tree’z live au Grand Mix

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J’ai découvert ce mercredi 11 décembre 2019 au Grand Mix de Tourcoing en première partie d’Emily Jane White le groupe Old Tree’z.

Old Tree’z est un trio originaire de la région de Lille. Composé de Romain Watson(multi-instrumentiste), de Mélanie Fontaine (batterie/choeur) et de Møh El Hilali (guitare/percus/chant), ils viennent de sortir leur premier album intitulé One is the Colour.

One is the Colour est un album de 13 titres surfant entre pop-folk et tribal Jam. Le style me fait parfois penser à Broken Back (déjà découvert au Grand Mix) et Cocoon.

Old Tree’z se caractérise par la présence de batterie, percussions et de Jembe donnant une couleur tribale invitant à un voyage initiatique vers des contrés sonores encore jamais visitées. L’autre caractéristique est la guitare basse et électrique de Romain. C’est une 7 cordes, un peu comme Lucky Luke avait un 7 coups avec son revolver, Romain à une 7 cordes pour des sons très étonnants.

En discutant quelques instants avec lui, il m’a expliqué qu’il a fait faire cette guitare sur mesure, et que cela demande pas mal d’heures apprivoisement de la bête, la corde de mi grave ayant le double rôle de lead et de basse. Je n’avais encore jamais vu pareille guitare (7 mécaniques, 5 en haut et 2 en bas).

Old Tree’z – Road

La voix de Moh est elle aussi particulière, assez grave et un peu éraillée (une angine en serait la cause) mais qui donne tout son charme et sa saveur au style Old Tree’z. Le garçon est Tourquennois et sort de l’école EF2M (Ecole de Formation aux Métiers de la Musique).

Old Tree’z – Run

Depuis maintenant trois ans le groupe tourne dans la région et a remporté cette année le tremplin du Main Square Festival à Arras, et s’est donc produit sur scène le 03 juillet 2019. l Une prestation très réussie que vous pourrez visionner ici

https://www.france.tv/spectacles-et-culture/festivals/main-square-festival/1026559-old-tree-z-en-live-au-main-square-festival-2019.html

Old Tree’z avec son premier album One is the Colour semble près à grimper sur la montagne sur succès et rester au sommet. Toutes les vidéos du concert sont disponibles sur la chaîne YouTube de News & Pop ici :

https://www.youtube.com/channel/UCIzmLZwHXRMk9314Tiwvtjg?view_as=subscriber

Old Tree’z – Climb Mountain

Les trois musiciens s’engagent envers le respect de l’environnement en soutenant l’ONG de solidarité internationale Planète Urgence : 1 CD vendu = 1 arbre planté. Si vous ne l’achetez pas pour vous, Faites le pour la planète !

Beck et l’Hyperspace infini

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Beck vient de sortir son nouvel album « Hyperspace ». Réalisé en étroite collaboration avec Pharell Williams, cet opus ne devait être à l’origine qu’un EP mais leur travail en commun a fini par faire des étincelles pour accoucher finalement de 11 titres.

« J’ai toujours voulu faire un disque avec lui », a confié Beck au magazine NME à propos de sa collaboration avec Williams. « Nous sommes amis depuis une décennie et nous nous étions réunis et avions parlé de faire de la musique en 2012, mais à cette époque, il a fini par sortir une chanson avec Daft Punk, puis ‘Blurred Lines’ et ‘Happy’.

« Il y avait eu une période où Pharrell avait été très occupé et une opportunité s’était présentée, alors je l’ai saisie. A l’origine, il devait s’agir d’un single ou d’un EP, mais je pense que nous avons tous les deux été surpris quand on a compris que ce serait beaucoup plus que ça. »

Pharell Williams est donc aux commandes sur 7 titres. Il offre à Beck un album dépouillé et beaucoup plus épuré que le précédent Colors. D’autres guests sont également présents notamment Chris Martin de Coldplay (guitare acoustique) sur Stratosphère ou Paul Epworth, producteur d’Adèle sur le morceau Star(production et composition).

« J’ai des souvenirs d’albums vraiment solitaires, à passer 12 heures par jour à produire péniblement. Là, c’était très joyeux d’amener de nouvelles personnes, et j’espère remettre ça dans le futur »

On lui a parfois reproché mais Beck est un artiste libre toujours en mouvement, explorant, tordant les styles jusqu’à parfois nous mettre mal à l’aise. Il est une sorte de passerelle entre les genres mais aussi les générations.

« L’ancienne génération dit que c’était mieux avant et les jeunes considèrent la musique d’avant comme une antiquité dans laquelle ils ne se retrouvent pas ; moi je suis quelque part au milieu. »

A 50 ans, Beck Hansen est plus libre que jamais et s’est détaché de tous les codes, les règles et les compromis. 11 titres aussi différents les uns que les autres, entre rock, funk, soul, pop, électro et hip hop. Tous les goûts sont dans la nature d’Hyperspace au risque de se perdre un peu dans ce kaleidoscope des genres, de faire une indigestion tant chaque morceau est un contrepied du précédent.

« Ce n’est pas que je ne voulais pas utiliser de guitares ou faire du grunge ou de l’indie rock dans les années 1990 mais pour moi ça semblait redondant, il y avait tant de nouveaux trucs à faire. Aujourd’hui je pense que j’avais raison, j’ai désormais toute latitude pour faire ce que je veux. » 

Beck Hansen n’a pas fini de se renouveler et de nous surprendre. Pour ceux qui aiment les routes toutes tracées, sans détour, sans pause au motel country ou au clubbing hip hop du coin, alors passez votre chemin. En revanche, si vous cherchez quelques chemins de traverses pour y croiser l’inattendu et le déroutant, alors soyez les bienvenus à bord de l’Hyperspace de Beck Hansen !

Beck – Hyperspace

Hyperspace de Beck est paru le vendredi 22 novembre et est disponible sur toutes le plateformes de streaming et de téléchargement.

Emily Jane White nous offre le magnifique « Immanente Fire »

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Immanente Fire est le sixième album d’Emily Jane White. En créant un son épique, englobant des arrangements semi-orchestrales d’Anton Patzner (Pete Yorn, Sunbears), elle tente d’explorer une solution féminine à l’extinction imminente de notre espèce.

Anton Patzner

Emily Jane White est née en 1982 en Californie.

Elle connaît ses premières expériences musicales en 2000 sur le Campus Universitaire de Santa Cruz où elle chante dans des groupes punk et métal.

Elle pose ses valises quelques mois en France à Bordeaux puis retourne en Californie pour s’installer à San Francisco.

En 2008, elle sort son premier album Dark Undercoat.’ C’est en écoutant l’émission de Bernard Lenoir, un soir sur France Inter, que le fondateur du label bordelais Talitres (The National), Sean Bouchard, découvre la voix d’Emily Jane White. 

Elle enchaîne alors avec 4 albums en 7 ans qui confirmeront sa notoriété en France et en Europe.

Victorian America (2009), Ode To Sentience (2010), Blood/Lines (2012) et They Moved in Shadow All Together (2016).

They moved in Shadow all Together paru en 2016.

Son dernier album Immanente Fire sorti le 15 novembre 2019 fera date dans la carrière d’Emily Jane White. Elle touche la perfection proche du chef d’oeuvre. On y trouve des ballades intimistes, élégantes et mélancoliques. L’artiste maîtrise parfaitement sa voix d’une beauté transcendante, magnétique et hypnotique.

Immanente Fire est paru le 15 novembre 2019

Musicalement ce sixième album privilégiant le piano et les synthétiseurs participent aux magnifiques harmonies vocales et offre des chansons intemporelles à l’orchestration subtile et élégante.

Washed Away – Emily Jane White

« Washed Away évoque notre rapport souvent distancié au monde naturel, la façon dont la communication et la technologie dominent une grande partie de notre monde contemporain. Notre relation à la nature se doit d’être réévaluée et revalorisée, elle dégage à terme une force créative non négligeable ».

Immanante Fire dresse le portrait d’une société aveugle au chaos qu’elle engendre, l’extinction des espèces, les désordres économiques et sociaux. Comme dans ses albums précédents, elle évoque ses engagements féministes et emprunte cette fois-ci des thèmes chers à l’écrivaine américaine Miriam Starhawk pour qui l’émergence d’un monde patriarcal et colonial aurait généré les conditions du développement d’un capitalisme sauvage et avec lui, la dévalorisation de la femme et la destruction de la nature.

Miriam Starhawk

Un album exceptionnel peut-être l’un des plus beaux de l’année 2019 à écouter, ré-écouter dans le noir sur son sofa, dans la pénombre et en montant le volume pour percevoir toute la pureté de ce magnifique disque.

Isaac Delusion les élévateurs de la french pop

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Isaac Delusion vient de sortir Uplifters, son troisième album. On vous dit ici ce que l’on en pense… Lorsqu’en 2014 était sorti l’album éponyme d’Isaac Delusion, cela avait été un véritable choc ! Nous avions été envoûtés par la voix androgyne et la musique aérienne de cet artiste que nous avions immédiatement considéré comme britannique pour être aussi génial ! Bon, après quelques recherches sur le net, nous avions corrigé notre copie. Isaac Delusion est un groupe (ils sont désormais quatre) et ils sont français. Cocorico !

Isaac Delusion (2019)

Nous les attendions au tournant lors de la sortie de leur second album Rust and Gold en 2017. Et oui, tout le monde sait que le deuxième album est toujours un cap difficile à franchir. Et là, rebelote ! La confirmation du style et surtout du talent du groupe parisien.

Isaac Delusion – Rust and Gold (2017)

C’est donc avec une certaine confiance que nous attendions de pouvoir écouter le troisième opus d’Isaac Delusion, le bien nommé Uplifters. Alors qu’est-ce qu’on en pense ? Franchement ? Bah, c’est pas compliqué, c’est notre album de la semaine (et des prochaines semaines) !

Isaac Delusion – Uplifters (2019)

Comment ça fait plaisir d’écouter nos petits frenchies et nous proposer de la pop si réjouissante. Dès la première écoute, nous sommes en terrain connu et conquis. Nous avons retrouvé avec Uplifters cette pop entêtante, envoûtante, aérienne et toujours empreinte d’une douceur mélancolique. Alors, on prend les mêmes et on recommence ? Pas tout à fait ! Explication…

Ce troisième album est un retour aux fondamentaux, sans les contraintes techniques et intellectuelles que le groupe s’étaient imposées lors des deux premiers albums. Retour à quelque chose de plus primaire. « Cet album, c’est un peu nous d’avant » aime à dire Isaac Delusion en interview. Et en effet, Uplifters est un disque aux thème légers, sans prise de tête, un peu comme à leur début, avant d’être connu (dixit Isaac Delusion toujours).

Isaac Delusion – Fancy (Uplifters – 2019)

On y retrouve donc naturellement une certaine spontanéité, une candeur attendrissante en écoutant ce disque. C’est un disque dégageant une saveur toute particulière de douce nostalgie, de souvenirs de vacances, de souvenirs d’adolescence. L’album se termine par une reprise de Couleur menthe à l’Eau (plutôt réussie d’ailleurs), souvenir d’enfance de Jules (le chanteur), à l’arrière de la voiture de son père écoutant Nostalgie, sur le chemin du retour des vacances.

Isaac Delusion – Couleur Menthe à l’Eau (Uplifters – 2019)

Pari réussi donc pour Isaac Delusion qui se positionne aujourd’hui comme les élévateurs de la french pop au même titre qu’Antoine Pesle et son HiFi Romance. Ça fait plaisir !