Thousand touche au Paradis

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Je viens de découvrir Thousand, alias Stéphane Milochevitch grâce une nouvelle fois à l’exigeante et intelligente programmation du Grand Mix de Tourcoing.

Après un album en anglais, Thousand s’est fait remarquer avec « Tunnel Végétal » il y a deux ans et a reçu des critiques très encourageantes. Mais c’est avec « Au Paradis » paru en juin 2020 que Thousand touche à la grâce.

Des airs de Bashung et Capdevielle dans la voix, des textes à la Manset et Murat, Thousand offre un album vertigineux pour les sens, le cœur et l’âme. Les textes sont une merveilleuse invitation à l’onirisme, au voyage intérieur et à l’imaginaire. Bienvenue dans l’univers de Thousand !

Je vous recommande d’écouter cet album à tête reposé, ne rien faire d’autre que d’écouter et de réécouter cet album. La beauté des mots se mélangent subtilement à la complexité du sens de chaque texte, chaque chanson évoque une référence et nous prend à contrepied.

Pêle-mêle quelques extraits « Dans une bouche de terre calcinée, Lucifer hallucine, le crâne dévoré par la fièvre » (Merle Hagard), « Mes gars sûrs Brutus, Judas Cassius et moi, On se la fly hamdoulilah » (Jeune fille à l’Ibis), « J’avoue je donnerais ma vie pour un tour dans ton jean, Jean 11:35 « Jesus pleura », Miskine » (Mon dernier voyage), J’ai rêvé, j’ai rêvé d’Aloys Zöti, les ruines et les corps dans les décors de son enfance » (Le Rêve du Cheval), « Je veux monter au paradis sur le dos d’un flamagenitus, un éclair de la fumée et soudain plus personne, je veux m’en aller dans un feu d’artifice flotter dans les cendres à Hunter Thompson » (Le Bâton Ivre).

L’écoute en vinyle est presqu’une évidence pour ressentir la puissance de chaque émotion offerte par ce disque que je considère comme l’un des disques majeurs de cette année 2020. Chaque écoute révèle un nouveau rubis précieusement caché dans les mots, dans la musique tout aussi onirique que les textes. Prenez le temps de lire les paroles disponibles avec le disque vinyle et écoutez « Le rêve du cheval », « Merle Hagard », « Aux enfants de Saturne », « Des fleurs dans un feu » ou  » Le bâton Ivre » (référence non dissimulée au Bateau Ivre de Baudelaire).

La musique pop et moderne distillé par Olivier Marguerit (basse et claviers), Sylvain Joasson (batterie) achève d’envouter l’auditeur. Les gimicks guitares, la puissance mélodique des notes et des mots s’impriment inexorablement dans votre inconscient.

Olivier Marguerit

Stéphane Milochevitch (guitare) est accompagné d’Emma Broughton (claviers) qui apporte par sa voix omniprésente une touche sensuelle et aérienne (notamment sur le refrain du tubesque titre « Jeune Femme à l’Ibis »).

Emma Broughton

La maison de disques bordelaise nous a une nouvelle fois dégoté une jolie pépite (Emilie Jane White, Motorama) et Thousand s’annonce dores et déjà comme la valeur montante incontournable de la chanson française pour ses prochaines années.

Pour finir, difficile de ne pas écrire quelques mots sur la pochette originale crée par Claire Wallois. Une pochette avec le masque de Stéphane Milochevitch, un chat figurine, une bougie rouge, des coquillages, des cartes à jouer, une boule de cristal, …c’est peut-être tout ça l’univers de Thousand.

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